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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 22:38

 

Il serait vain de minimiser le choc électoral que nous venons de connaître dimanche soir.


Cette débâcle électorale coïncide avec la victoire annoncée du Front National. Nous ne pouvons contester les chiffres : un électeur sur quatre a choisi de voter pour les listes nationalistes dans notre pays.


Le Front National est en tête dans 5 grandes régions sur 7. 24 eurodéputés français seront des eurodéputés frontistes.


La poussée des nationalismes touche l'ensemble de l'Europe : 23% au Danemark, 22% au Royaume Uni ou encore 20% en Autriche.


Il y a désormais trois camps politiques en France entre la droite, la gauche et l'extrême-droite, à part quasi-égale.


Ces scores sont également le fruit d'une abstention abyssale : 57% des électeurs n'ont pas pris la peine de se déplacer à l'occasion de ce scrutin.


La première étape de toute reconstruction est de regarder les choses en face.


C'est évidemment plus qu'une alerte. Il est impossible de dire qu’il ne s’est « rien passé ». Dans les PO, le Front national est arrivé en tête et notamment à Saint-Cyprien. L'abstention massive ne fait pas de cette formation le premier parti de France, même si nous savons que, par une étrange filiation, comme si un parti ou un pays ne pouvait recruter son "chef" que dans une seule famille.


Ne pas nier cette réalité est le premier pas pour tirer les enseignements les plus justes de ce scrutin


Au-delà de l'émotion forte que provoque ce résultat, l'effondrement des voix des Partis Républicains doit conduire à un véritable travail d'analyse. La nature de l'élection n'est pas seule en cause. Une campagne courte, peu et mal médiatisée, n'est pas l'entière responsable de cette situation. Les résultats de ce scrutin sont d'abord la conséquence de son éloignement des préoccupations quotidiennes des Français. L'incompréhension face à la politique menée, qu'elle soit bonne ou mauvaise, son encore trop faible lisibilité, ont ajouté à cette défaite.


Les Cyprianais comme l’ensemble des Français, ont exprimé un besoin de repères, d'Etat, de solidarité sociale, de valeurs, de Nation, d'harmonie fiscale. Ils ont voté en tenant compte de leur inquiétude devant une Europe qui va à hue et à dia, devant une mondialisation qui nous rapetisse, devant un avenir qui ne donne à nos enfants ni emploi, ni croissance. Ils n’ont pas été sensibles à des arguments vieux de trente ans, quand ce n’était pas d’un siècle. Si l'Europe ne fonctionne pas, ce n'est pas son peuple qu'il faut changer. C’est son avenir.


Pour éviter que les échéances qui s'annoncent, ne soient de nouveaux échecs, il faut initier un dialogue citoyen et contribuer à réhabiliter, à restaurer le débat sans lequel il n’est pas de politique et en l’absence duquel les idéologies les plus dangereuses, les projets les plus absurdes -ce sont parfois les mêmes- prospèrent.


Rien ne serait pire que le renoncement ou la résignation, nos valeurs -nous en sommes convaincus- restent celles qui ont défendu, défendent et défendront le mieux nos concitoyens contre les menaces qui les inquiètent. Nous refusons la fatalité économique.


Nous ne partageons pas l'idée que les Cyprianais, par colère, par désarroi, tourneraient le dos au développement économique, à la culture et à l'éducation, à la devise de notre République : Liberté, Égalité, Fraternité.


Il faut retrouver le chemin de leur cœur. 

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Published by Marie-Pierre Sadourny-Gomez